mardi 24 juin 2008

Cilaos sans les photos, avec les mots !

Ah ben oui, on n'a toujours pas remplacé notre boîte à images ! Ca ne saurait tarder...
On n'aime pas pomper des images sur Internet, et l'une des rares fois où on l'a fait - au début du blog- pour vous monter une image de la Réunion par satellite, on s'est fait prier de l'enlever. Donc pas d'images pour l'instant.

Alors on s'est dit "Et si on racontait notre dernière ballade sans images, tiens ?"
On va faire l'effort de mettre des mots sur ce que l'on a vu, c'est un exercice, car les sensations sont encore toutes fraîches !

On a pris la voiture pour monter jusqu'à Cilaos, un des 3 cirques de l'île. Par la route aux 420 (!) virages et aux 3 tunnels - et sans vomir, svp- il faut une heure depuis notre bien-aimée Ravine de cabris (quartier de Saint Pierre où l'on habite). Rien que pour profiter du panorama depuis la route, ça vaut le coup. Les montagnes entre 1200 et 3000 mètres d'altitude sont tellement proches qu'elles composent un tableau majestueux en camailleu de verts et gris, présentant fièrement leurs formes imposantes et leurs collections d'aiguilles et de cols.

Et puisque ça tourne et ça vire, on débouche sur des paysages changeants révélés par les lumières dorées du petit matin. Lorsqu'on commence à en avoir marre de tous ces virons -on ne sait plus où est le sud où est le nord- à la sortie d'un tunnel, on voit la petite ville de Cilaos qui s'étale tout en couleurs, façades et toits arborant des orangers vifs, des vert d'eau, des rouges vieillis, des roses et taupes, des bleus doux et beaucoup de blanc crémeux. Et des fleurs partout, même sur les toits !

Mais quelle idée d'aller tout en haut de cette route pentue et sinueuse ?
Qu'y trouve-t-on à Cilaos ?

Eh bien Messieurs Dames, on y trouve de jolies dentelles, du bel ouvrage.
Et du bon air.
Et l'église de Notre Dame des Neiges, architecture sobre de bleu et de blanc qui résonne du chant fervent et rythmé de ses fidèles.
Des fleurs "lanterne" qui vous accueillent avec leurs panaches enflammés.
Et les lentilles les plus chères qui soient, mais délicieuses.
Et du vin, sisi, du vin rosé, du rouge et du blanc, et même du moelleux. Il est drôlement bon !
Des gelées, des confitures de tous fruits ...
Et toutes sortes de choses que les gens peuvent faire en habitant dans un bourgade calme et fraîche ( 1200 m d'altitude).

Alors nous y voilà. En plus, on est fiers de notre coup, on a évité le flux des touristes amateurs de grimpette et de sensations pures (des gens comme nous, en fait). Pendant notre ballade, on avait pour ainsi dire la montagne pour nous seuls. Chouette, parce qu'on est partis en amoureux. Gabin et Hama étaient gardés par Cécile ;-)

On a marché 6 h en suivant la boucle qui passe par "la cascade Bras Rouge", embrasse "Bassin bleu", frôle la "Roche Merveilleuse", et avoisine les "Ilets Bleu et Ilets Fleurs Jaunes"... On s'est bien dégourdi les jambes en franchissant moult ravines encore bien humides des dernières pluies.
Elles recèlent en ce point de gros rochers polis, riches en minerais qui leur donnent des teintes bleues, mauves et rosées. Vision insolite que ces blocs pastels, des perles somptueuses, dans le cirque des jeunes sommets aiguisés comme des crocs et plantés d'essences éfilées.
Et l'eau dévale joyeusement dans ce splendide paysage.

Quelques passages à flanc de montagne ont pimenté l'excursion. C'est pas le moment de lever le nez en l'air !

La végétation de ce sentier est magnifique. On passe de sous bois en points de vue, et les plantes sont partout. Les lichens et mousses sont pugnacement adossés aux rochers et parois minérales, la "longose" et le "galabert" sont deux pestes végétales redoutées ici car elles envahissent l'espace au détriment des espèces endémiques : "bois de joli coeur", "bois de raisin", "bois de reinette" et autres bois aux noms explicites. Les "filaos" sont très présents aussi, capables de pousser jusqu'à 20 mètres de hauteur sur les sols pauvres et escarpés.

Le "papangue" -ou busard de Maillard-est un rapace, seul prédateur que l'on trouve à la Réunion. C'est un volatile que l'on rencontre rarement à Cilaos. L'espèce est protégée des coups de fusils dissuasifs car les papangue peuvent s'attaquer aux poulaillers. Pour l'instant, l'un d'entre-eux plane silencieusement à la recherche d'un rongeur ou d'un petit oiseau, comme le "tec tec" ami des randonneurs.

C'est un petit bout de paradis que l'on a découvert aujourd'hui, un petit coin tout pur et accueillant. On dit que le dimanche matin un charmant marché s'y tient, voilà une bonne raison de revenir à Cilaos !

3 commentaires:

Anonyme a dit…

On avait vraiment l'impression d'y être tant la description est précise, et chacun y aura vu ses propres photos.
En tout cas, ça donne bien envie d'y aller !

Anonyme a dit…

Quel magnifique reportage vous nous avez fait là, plus besoin de photos. Quant à faire 6 kms avec vous, il va falloir s'entrainer dur ! Mais l'air pur et la montagne, ça se gagne. Avec les p'tits gars au retour, avez-vous suffisamment récupéré ?...
Mi aime a ou

LA GRAMOUNOU

Anonyme a dit…

Hello !

Je vois que vous ne vous laissez pas aller! Belle balade qui donne envie! J'ai toujours autant de plaisir a vous suivre le long de ce blog!

Ici les grandes vacances commencent demain, Baptiste et Titouan vont bien : on revient de 3 semaines au Canada avec eux. Pays ou on a presque envie d'aller y vivre!

Je vous embrasse
Sandrine