vendredi 7 décembre 2007

deuxième à droite

Il devenait urgent de faire un p'tit topo pour présenter la Réunion. Tout de même !

L'ancienne île Bourbon est baignée dans l'océan indien, bien abritée par la "grande île" de Madagascar, à 700 km au nord est de ses côtes. A 180 km au nord est de la Réunion, on trouve l'île Maurice. L'île de la Réunion fait partie avec Maurice et ses îlots, ainsi que l'île Rodrigues (toute petite île connue surtout pour ses fonds marins, parmi les plus riches de la planète), de l'archipel des Mascareignes.
ici, la Réunion sur la gauche, et Maurice voilée par les nuages

L'île Rodrigues, la plus ancienne, culmine à 400 m d'altitude et ne connait plus d'activité volcanique. Avec l'île Maurice, elles forment la république de Maurice depuis 1968. Cette dernière est plus récente à l'échelle de la géologie. On en connait les plages de sable fin, mais son relief vallonné peut atteindre 800 m d'altitude : le piton de la rivière noire, qui n'abreuve plus le territoire de ses coulées basaltiques.

Quant à la Réunion, elle est la cadette avec le piton de la Fournaise en activité permanente (pas de panique, il ne crache pas des cendres version Pompeï, c'est un volcan bien élevé qui prévient avant de cracher sa lave de manière très circonscrite).
La réunion est en fait un dôme volcanique qui mesure, depuis le fond de l'océan indien, 7000 m de hauteur sur une base 200 km de large. Comment ça se passe pour tenir, si haut, si gros, sur une base si étroite, c'est assez incroyable cette affaire!!?


Des chiffres & des lettres:

*superficie de 2512 km², la Réunion est 4 fois plus petite que la Gironde et deux fois plus peuplée. Un confetti... mais c'est un atout qui permet à l'île de n'être touchée "que" par les vents périphériques et non par l'oeil dévastateur des cyclones. "Oui mais Gamède", me direz-vous. C'est vrai qu'en février 2007 cette tempête tropicale a pris deux vies, ses rafales de vents de 200 km/h ont ravagé la végétation notamment au nord de la Réunion, et totalement abattu le pont de l'entre-deux. Mais il existe tout un dispositif de surveillance et les maisons solidement ancrées au sol sont équipées de volets renforcés. Si l'alerte est rouge (3° niveau) : avant, on taille ce qui dépasse, on fait des réserves (c'est pas la guerre non plus, hein) ; pendant, on se calfeutre, on sort les bougies, on attend que ça passe (l'histoire de quelques heures) ; après, on nettoie la boue, les végétaux arrachés, et on répare tout ce qui doit l'être. Une vraie routine dont on reparlera quand on l'aura vécu, c'est pour tout bientôt, on entre dans la période cyclonique jusqu'à mars.

* point culminant à 3069 M, c'est le piton des neiges. Les montagnes sont si proches, à croire que l'on pourrait les toucher par temps clair (le matin surtout). Elles renferment les magnifiques cirques de Cilaos (authentique et thermal), Salazie (le luxuriant), Mafate (le plus préservé, certains villages ne se dévoilent qu'aux marcheurs). N'ayant pas vu de nos yeux vu, on pourra vous en parler plus longuement par la suite.
La nature majestueuse est reine ici, et couronnée 9° parc national français en 2007, couvrant 40 % de la surface de l'île... 40 % de 2512, ça fait combien ? Peu, mais quel concentré !
Par ici, une manière fort agréable d'appréhender l'île : survols.

* inhabitée jusqu'au XVII ème siècle, l'île intense compte aujourd'hui près de 800 000 âmes.
Au départ, point de ravitaillement sur la route des Indes, l'île a conquis les français de l'époque par sa beauté et sa richesse naturelle, qui en ont pris possession et en deviennent ainsi les premiers habitants, les créoles blancs sont aujourd'hui appelés "Yabs". Le sol fertile et l'omniprésence de l'eau a permis le développement de cultures successives : le café -à la base de la richesse de lîle-, les épices, puis la canne à sucre, la vanille et plus récemment le géranium bourbon et le vétyver, pour en extraire des huiles essentielles (et oui, on y revient).
Ces cultures intensives de matières premières nobles, menées par la Compagnie des Indes ont nécessité des bras supplémentaires, appelant des vagues successives de malgaches, d'africains appelés "Caffres" en kréol, puis d'indiens tamouls "Malbars" et plus tard (après l'abolition de l'esclavage) les indiens musulmans venus du Gujarat "les Zarabs", ainsi que les chinois, les mahorais (venus de Mayotte) et les comoriens. D'abord aventuriers ou forbans, esclaves puis engagés volontaires, travailleurs agricoles ou commerçants, exilés ou affranchis, passionnés ou curieux...
Le métissage est de mise, mais parfois, le mélange des sangs est tel qu'il donne vie à des personnes uniques dont on ne saurait définir les origines. De fait les créoles constituent le patrimoine humain de l'île tout en contrastes et nuances.


Au nord, la "capitale" locale est Saint Denis. En descendant vers le sud par la côte ouest, s'étirent les villes du Port, de Saint Leu, Saint Louis et Saint Pierre, à l'entrée du Sud Sauvage.
En prenant la direction de la Ravine des cabris,
vous pourrez emprunter la côte du chemin Boeuf.
Et là, première à gauche, deuxième à droite, c'est l'impasse des mûriers !

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